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Une Maison

Je voudrais une maison aux fenêtres ouvertes sur le monde. Une maison terrasse ou véranda, sans vitres et barreaux, une maison liberté. Alors, je m’échapperais…

Ma vie serait semblable à un voyage aux escales surprenantes. Traversée calme ou descente intrépide de rivière tumultueuse. Marche à l’avancée difficile. Halte dans un abri baigné de lumière. Entouré de silence. Parfois aussi de rires et de pleurs, de chants et de danses. La vie.

Je voudrais une vie décalée aux couleurs affirmées, un brin fantasque et au goût de mystère. J’aimerais savoir dire : « oui » ou « non » et pas seulement : « peut-être »…

Un jour, c’est arrivé.

 

Attirée par la lumière comme le papillon par la lampe qui lui brûle les ailes, Elle a ôté le bandeau qui lui masquait les yeux, détaché les liens qui l’entravait, ouvert portes et fenêtres. Elle s’est enivrée de l’air du large. Est partie,

Eve a suivi.

A grandes enjambées, Elle a recouvert son enfance incertaine du voile de brume qui estompe les formes et tamise la lumière. Elle a couru après les nuages pressés, poursuivi la vague salée d’embruns et de larmes. Couru, couru. A bout de souffle, Elle a encore entendu le grondement du ressac, la colère des éléments. Un dernier regard. Elle est partie.

Eve a suivi, emplie du chuintement de la mer, du murmure de l’enfance.

Elle n’en pouvait plus du gris des ciels, des paysages mouillés. Elle avait besoin de lumière. Attirée par l’éclat de l’or, les couleurs vives, Elle se laissait séduire.  Eve ne voyait que leurre, éclat factice.

Elle, voulait une maison ouverte sur la monde. Eve voulait une maison accueillante et chaude. Un jour, Elle est partie, Eve a suivi alors qu’elle était programmée pour rester. C’est ce qu’on lui avait toujours dit et qu’elle avait accepté. Il est facile de ne pas penser, de supporter, jusqu’au jour où, sans que l’on sache pourquoi, on s’en va. Eve s’imaginait semblable au chat qui, le poil trempé, se sauve en miaulant. Dans sa fuite, Eve a transporté son ballot d’angoisses.

Heureusement Elle l’a entraînée dans sa course effrénée. D’une escale à l’autre, Elle a ouvert son horizon. Eve s’est peu à peu délestée de sa charge. Elle a partagé son perpétuel besoin de découverte. Eve a fini par aimer.

Maintenant on ne sait plus qui est Eve ou qui est Elle…

 

Je vis dans une maison ouverte sur le monde. Je me suis échappée. Je respire. 

 

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À propos
Eve

Être l'Orpailleur qui cherche l'or sans certitude de le trouver...
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